Complémentaire retraite mutualiste

14ème Observatoire des retraites – UMR/Ipsos/Liaisons Sociales

Mis à jour le 02/03/2016
  • Net regain de confiance vis-à-vis de la retraite chez les Français,
  • L’accord Agirc-Arrco globalement accepté, sauf par les femmes,
  • Des efforts doivent être demandés à tous, y compris les retraités…

L’accord entre le patronat et trois syndicats de salariés (CFDT/CFE-CGC/CFTC) sur les retraites complémentaires Agirc et Arcco vient d’être adopté. Dans sa quatorzième édition l’Observatoire des Retraites UMR/ Liaisons sociales magazine / Ipsos-Sopra Steria (1) analyse comment la nouvelle réforme impacte l’état d’esprit des Français sur la retraite : comment envisagent-ils leurs conditions de vie lors de leur retraite ? Comment jugent-ils le contenu du nouvel accord ? Qui doit supporter les efforts permettant d’assurer la pérennité du système ?  

A paraître dans Liaisons sociales magazine vendredi 4 décembre 2015 et sur le site wk-rh.fr

 

Net regain de confiance vis-à-vis de la retraite

La forte inquiétude de 2014 fait place à la confiance des Français vis-à-vis des conditions de vie au moment de la retraite. L’accord sur les retraites complémentaires intervenu juste avant l’enquête et présenté médiatiquement comme une bonne surprise permettant de sauvegarder le système est sans aucun doute à l’origine de la nette hausse de confiance.

59% des Français se disent désormais confiants en ce qui concerne leur santé et leur accès aux soins à ce moment de leur vie (+15 points par rapport à octobre 2014) et 59% également concernant leur capacité à vivre de façon indépendante (+16 points). En ce qui concerne les conditions matérielles de vie, la confiance reste minoritaire mais augmente fortement, qu’il s’agisse d’envisager son futur niveau de vie (43% ; +13) ou le montant de sa retraite (29% ; +9).

Le regain de confiance est particulièrement fort chez les retraités, visiblement rassurés quant à l’avenir du niveau de leur pension : ils sont ainsi 54% (+18 points) à se dire confiants à l’égard du montant de leur retraite et 67% (+27 points) à l’égard de leur niveau de vie.

Même si l’inquiétude diminue, elle reste cependant vive pour les actifs : 79% sont préoccupés par le montant de leur retraite (contre 84% en 2014), 67% par leur niveau de vie (contre 78% en 2014) et 44% par leur santé (contre 61% en 2014).

De même, les femmes restent majoritairement inquiètes sur leurs conditions de vie matérielle au moment de la retraite : 69% sont inquiètes quant au montant de leur retraite (contre 79% en 2014), 59% quant à leur niveau de vie (contre 73% en 2014), 45% quant à leur santé (contre 61% en 2014) et 44% concernant leur accès aux soins et leur capacité à vivre de façon indépendante (contre 61% en 2014).

 

Un accord globalement accepté, sauf par les femmes (certaines mesures semblent cependant moins bien perçues)

Les salariés du privé sont 56% à juger au global l’accord acceptable, 62% pour les hommes mais seulement 46% pour les femmes. En termes d’âge, les plus hostiles à l’accord sont les 45/59 ans (51%). Les actifs considèrent en moyenne qu’ils pourront rester en activité dans de bonnes conditions jusqu’à l’âge de 61 ans et 4 mois.

Certaines mesures sont soutenues, d’autres jugées inacceptables :

  • La mise en place d’un système de bonus-malus, avec une décote pour ceux qui souhaitent toucher leur retraite complémentaire avant 63 ans et une surcote pour ceux qui partent plus tard, est relativement bien acceptée car elle ouvre la possibilité d’un départ à la carte : 53% jugent cette disposition acceptable (57% des hommes et 48% des femmes), 67% des moins de 35 ans ; 64% des cadres supérieurs mais aussi 57% des ouvriers.
  • Le recul de l’âge de 62 à 63 ans pour toucher la retraite complémentaire à taux plein est jugé inacceptable par 62% des salariés du privé (dont 67% des femmes ; 69% des employés et 64% des ouvriers)
  • La désindexation des pensions par rapport à l’inflation pendant 3 ans est également sur la sellette pour 53% des salariés du privé (dont 57% des femmes)

 

Des efforts doivent être demandés à tous, y compris aux retraités

65% des Français considèrent qu’il faut que tous participent pour assurer la pérennité du système de retraite. Ils sont une minorité à réclamer un effort d’une catégorie spécifique, comme les fonctionnaires (15% souhaiteraient qu’on leur demande des efforts en priorité) ou les entreprises (12%).

57% des Français considèrent que les retraités doivent aussi participer à l’effort demandé. Parmi eux, 5% pensent que tous doivent contribuer et 52% pensent qu’un effort peut être demandé à partir d’un certain niveau de pension (3178 euros en moyenne par mois et par ménage).

63% des retraités considèrent qu’ils doivent participer à l’effort pour assurer l’avenir du système de retraite, mais seulement 39% sont eux-mêmes disposés à le faire…

 

(1) Enquête réalisée par téléphone les 23 et 24 octobre 2015 auprès d’un échantillon national représentatif de 1008 Français âgés de 15 ans et plus.

L’Observatoire Français des retraites UMR/Liaisons sociales magazine/Ipsos-Sopra Steria, créé en 2006, interroge une à deux fois par an depuis 2009 les Français sur toutes les questions touchant à la retraite, avec des focus par thèmes : épargne, santé et dépendance, réformes…